Pour un investissement locatif en 2026, les banques ne demandent pas d'apport réglementaire minimum. Elles exigent en revanche que vous couvriez des frais qu'elles financent rarement : les droits de mutation, la garantie du prêt, et souvent une partie des travaux. La décision du Haut Conseil de stabilité financière du 29 septembre 2021 plafonne le taux d'effort à 35 % des revenus nets et la durée à 25 ans, deux conditions cumulatives confirmées lors de la réunion du HCSF du 15 septembre 2026. Le loyer attendu s'ajoute à vos revenus, mais les banques n'en retiennent généralement que 70 % — une pratique répandue, pas une règle de droit.
Vous avez déjà un crédit sur votre résidence principale. Vous souhaitez acheter un premier bien locatif. Vous cherchez à savoir de combien vous avez besoin en poche avant de rencontrer un banquier.
La réponse ne tient pas dans un seul chiffre : elle dépend du prix du bien, du département où vous achetez, du type de garantie retenu et de vos crédits en cours. Voici comment poser le calcul correctement.
À quoi sert l'apport dans un dossier locatif ?
L'apport n'est pas une condition légale. Il remplit une fonction pratique : financer ce que la banque refuse de prêter.
Trois postes structurent cette enveloppe.
Les frais de notaire. Ils représentent entre 7 et 8,5 % du prix dans l'ancien en 2026. La part la plus importante est constituée des droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Depuis l'article 116 de la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), les départements peuvent relever leur taxe départementale de 4,5 % à 5 % pour les actes signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028. Dans les départements ayant voté cette hausse — près de 90 selon les sources notariales — le taux global des DMTO atteint environ 6,32 %, auquel s'ajoutent les émoluments du notaire et la contribution de sécurité immobilière de 0,10 %. Point important : les primo-accédants achetant leur résidence principale en sont exonérés. Un investisseur locatif, non.
La garantie du prêt. La banque exige toujours une sûreté. Deux formes dominent : la caution (environ 1 à 1,5 % du capital emprunté, partiellement restituée en fin de prêt) et l'hypothèque (environ 1,5 à 2 %, à fonds perdus, avec des frais de mainlevée en cas de revente anticipée). La caution est aujourd'hui la plus courante pour sa souplesse.
Les travaux, si la banque ne les finance pas. Certains établissements intègrent les travaux dans le prêt immobilier ; d'autres les excluent ou les limitent. Dans ce cas, ils pèsent sur l'apport.
Un repère concret : sur un bien à 300 000 € dans un département ayant voté la hausse des DMTO, les frais de notaire dépassent 23 000 €. Ajoutez 3 000 à 4 500 € de garantie sur un emprunt de 270 000 €. L'apport minimal pour ne financer que ces postes avoisine 27 000 €, soit un peu moins de 10 % du prix.
Comment le taux d'effort s'applique-t-il quand on a déjà un crédit ?
La décision du HCSF du 29 septembre 2021 pose deux conditions cumulatives : le taux d'effort ne dépasse pas 35 % et la maturité du crédit ne dépasse pas 25 ans. Ces règles valent pour tout crédit immobilier résidentiel, investissement locatif comme résidence principale.
Le taux d'effort se calcule ainsi : toutes les charges de crédit mensuelles (assurance emprunteur incluse), divisées par les revenus nets mensuels retenus par la banque.
« Toutes les charges » signifie : le remboursement de votre résidence principale, la future mensualité du prêt locatif, et tout crédit en cours — crédit auto, prêt travaux, crédit à la consommation. Rien ne sort du numérateur.
Exemple : un salarié avec 5 500 € de revenus nets mensuels, 1 100 € de mensualité sur sa résidence principale et 200 € de crédit auto. Il envisage d'emprunter 220 000 € sur 25 ans pour un locatif. Hypothèse d'assurance : 65 € par mois. Nouvelle mensualité : environ 1 080 € + 65 € = 1 145 €.
| Poste | Montant mensuel |
|---|---|
| Résidence principale | 1 100 € |
| Crédit auto | 200 € |
| Nouveau prêt locatif (capital + assurance) | 1 145 € |
| Total charges | 2 445 € |
| Revenus nets retenus (sans les loyers) | 5 500 € |
| Taux d'effort | 44,5 % — hors critère |
Ce dossier ne passe pas. Solder le crédit auto de 200 € fait descendre le taux à 40,8 % : toujours hors critère. Il faudrait soit réduire le montant emprunté, soit augmenter les revenus pris en compte — c'est là qu'intervient le loyer attendu.
Les banques disposent d'une marge de dérogation sur 20 % de leur production trimestrielle, mais lors de la réunion du 15 septembre 2026, le HCSF a confirmé que cette marge est majoritairement réservée aux résidences principales. La porte existe pour le locatif ; elle est étroite.
Lisez notre article sur la préparation du dossier bancaire pour un investissement locatif pour le détail des pièces à réunir et l'ordre des démarches.